Permis déposés après le 1er juillet : les ajustements RE2020 Rivaton que tout porteur de projet doit connaître

Permis déposés après le 1er juillet : les ajustements RE2020 Rivaton que tout porteur de projet doit connaître

20 juillet 2026 10 min de lecture
RE2020 ajustements Rivaton 2026 : comprendre les nouveaux seuils carbone, la prise en compte des balcons et hauteurs sous plafond, et anticiper les impacts sur vos permis de construire, bâtiments tertiaires et établissements de santé.
Permis déposés après le 1er juillet : les ajustements RE2020 Rivaton que tout porteur de projet doit connaître

Ce que changent les ajustements RE2020 Rivaton pour vos permis

Les porteurs de projets qui déposent un permis de construire après le 1er juillet 2026 entrent dans le nouveau cadre des RE2020 ajustements Rivaton 2026 pour chaque bâtiment concerné. Ces ajustements, issus du décret n° 2024-1245 du 28 décembre 2024 et de l’arrêté du même jour modifiant l’arrêté du 4 août 2021 relatif à la réglementation environnementale 2020, redéfinissent en profondeur la manière dont la construction neuve est évaluée sur le plan énergétique et carbone, avec un impact direct sur les seuils réglementaires, les exigences de performance énergétique et la stratégie de choix des matériaux. Le rapport Rivaton, remis au Gouvernement en 2023 et disponible sur le site du ministère de la Transition écologique, a mis en lumière un surcoût d’investissement moyen de l’ordre de 10 à 11 % lié à la RE2020 sur la période 2022-2031, et les pouvoirs publics ont cherché à rééquilibrer performance énergétique environnementale, qualité d’usage et faisabilité économique pour les maîtres d’ouvrage.

Concrètement, les nouveaux textes précisent le calcul de l’indicateur Ic construction pour les bâtiments neufs, en intégrant mieux les espaces extérieurs d’agrément comme les balcons, loggias et terrasses lorsque leur surface dépasse un seuil de 15 % de la surface de référence. Cette modulation des seuils carbone vise à ne plus pénaliser les projets architecturaux qui offrent des prolongements extérieurs généreux, tout en gardant une maîtrise du carbone des matériaux et des produits de construction utilisés dans chaque bâtiment. Les bureaux d’études devront donc adapter leurs études thermiques et chaque étude thermique réglementaire pour intégrer ces nouvelles catégories d’espaces, en veillant à ce que le seuil de construction et les autres exigences de performance restent atteignables pour les constructions neuves.

Les RE2020 ajustements Rivaton 2026 introduisent aussi une modulation liée à la hauteur sous plafond, afin de mieux articuler confort d’usage et bilan carbone des bâtiments. Pour des hauteurs sous plafond comprises entre 2,50 m et 2,90 m, la pénalisation carbone est allégée, ce qui redonne de la marge aux architectes pour concevoir des pièces plus généreuses sans dégrader artificiellement l’indicateur carbone des bâtiments neufs. Les maîtres d’ouvrage peuvent ainsi arbitrer plus sereinement entre performance énergétique, qualité spatiale et choix de matériaux comme l’ossature bois ou le béton bas carbone, en s’appuyant sur des calculs plus cohérents avec le cycle de vie réel des constructions neuves.

Les ajustements ne se limitent pas au seul indicateur carbone, car ils touchent aussi la manière de traiter l’énergie primaire, l’eau et la ventilation dans les projets. Les systèmes de pompe à chaleur, les ballons d’eau thermodynamique et les dispositifs de ventilation performante restent centraux pour atteindre les exigences de performance énergétique, mais leur impact est désormais mieux corrélé au profil d’usage des bâtiments tertiaires et des établissements de santé. Pour chaque bâtiment ou ensemble de bâtiments, le bureau d’études doit affiner le calcul énergétique et environnemental, en intégrant les consommations d’eau chaude sanitaire, les débits de ventilation et la production d’énergie renouvelable, afin de respecter les nouveaux seuils tout en maîtrisant le coût global du projet.

Les porteurs de projets doivent aussi intégrer dans leurs rapports de conception le fait que les ajustements RE2020 Rivaton 2026 s’inscrivent dans une trajectoire de durcissement progressif des seuils carbone à l’horizon 2028 puis 2031. Les exigences environnementales sur le carbone des matériaux et sur la performance énergétique vont se renforcer, ce qui impose d’anticiper dès maintenant des solutions bas carbone robustes, notamment pour les bâtiments tertiaires et les établissements de santé. Les rapports remis par les bureaux d’études devront donc expliciter la stratégie de réduction du carbone sur tout le cycle de vie, en détaillant les choix de matériaux, de systèmes énergétiques et de conception bioclimatique pour chaque projet de construction.

Balcons, hauteurs sous plafond, surélévations : les leviers concrets à activer

Les RE2020 ajustements Rivaton 2026 apportent une réponse attendue sur la prise en compte des balcons, loggias et terrasses dans le calcul de l’indicateur Ic construction pour chaque bâtiment. Lorsque la surface cumulée de ces espaces extérieurs dépasse le seuil de 15 % de la surface de référence, une modulation spécifique des seuils carbone s’applique, ce qui limite l’impact négatif sur le bilan carbone des projets. Pour un maître d’ouvrage, cela signifie qu’un immeuble de logements avec de nombreux balcons peut rester conforme aux exigences de performance énergétique environnementale, à condition d’optimiser les matériaux et les systèmes techniques sur le reste du bâtiment.

Cette modulation change la donne pour les projets de construction à forte valeur d’usage, notamment dans les quartiers d’affaires ou les opérations mixtes où les espaces extérieurs deviennent un critère de qualité, comme on l’observe sur les nouveaux centres d’affaires urbains présentés dans l’analyse du parvis Louis Armand à Bordeaux et Paris. Les bureaux d’études peuvent désormais proposer des balcons et terrasses plus généreux sans craindre un dépassement systématique des seuils carbone, en jouant sur le choix des matériaux, par exemple avec une ossature bois optimisée ou des produits de construction à faible carbone des matériaux. Les rapports de calcul devront toutefois démontrer que le cycle de vie global du bâtiment reste compatible avec les objectifs de performance énergétique et environnementale, en intégrant les consommations d’énergie primaire et les impacts liés à l’eau et à la ventilation.

Sur la question de la hauteur sous plafond, les ajustements RE2020 Rivaton 2026 introduisent une modulation qui intéresse directement les maîtres d’ouvrage de bâtiments tertiaires et d’établissements de santé. Entre 2,50 m et 2,90 m de hauteur sous plafond, la pénalisation carbone est réduite, ce qui permet de concevoir des plateaux de bureaux, des salles de consultation ou des espaces d’enseignement plus confortables sans alourdir excessivement le carbone des bâtiments. Les études thermiques et chaque étude thermique réglementaire devront cependant vérifier que la performance énergétique reste au rendez vous, notamment en matière de ventilation, de gestion de l’eau chaude sanitaire et de maîtrise de l’énergie primaire consommée par les systèmes de chauffage et de rafraîchissement.

Les surélévations bénéficient d’un régime simplifié lorsque la surface créée reste inférieure à 150 m² ou à 30 % de la surface existante, ce qui ouvre des perspectives intéressantes pour densifier le parc bâti sans artificialiser de nouveaux sols. Dans ce cas, seuls les indicateurs Bbio, Ic construction et DH sont exigés, ce qui allège la charge de calcul et de rapport pour les bureaux d’études tout en maintenant un socle de performance énergétique et carbone. Pour les maîtres d’ouvrage, cette simplification peut rendre plus attractifs des projets de surélévation en ossature bois, avec des systèmes de pompe à chaleur et d’eau thermodynamique, en limitant le poids administratif tout en respectant les exigences de performance.

Ces évolutions techniques doivent être mises en regard des repères de conception intérieure, comme ceux détaillés dans la ressource professionnelle sur la table 700 en architecture intérieure, qui aide à articuler hauteurs, proportions et usages dans les bâtiments. Les porteurs de projets ont intérêt à croiser ces repères avec les nouvelles règles RE2020 ajustements Rivaton 2026, afin de concevoir des espaces à la fois confortables, sobres en énergie et compatibles avec les seuils carbone. Les rapports remis aux investisseurs et aux collectivités pourront ainsi démontrer que chaque bâtiment, qu’il soit neuf ou issu d’une surélévation, répond à la fois aux attentes d’usage et aux exigences de performance énergétique environnementale.

Tertiaire, santé, calendrier : comment anticiper les prochaines étapes réglementaires

Les RE2020 ajustements Rivaton 2026 ne concernent pas seulement le logement, car treize nouvelles catégories de bâtiments tertiaires et industriels sont désormais soumises à la réglementation environnementale. Ces nouvelles catégories couvrent une large part du futur parc tertiaire, ce qui implique que de nombreux établissements recevant du public, ateliers et entrepôts devront respecter les mêmes exigences de performance énergétique et de carbone que les bâtiments neufs résidentiels. Pour les maîtres d’ouvrage, cela signifie une montée en compétence rapide sur les études thermiques, les calculs d’énergie primaire et la prise en compte du cycle de vie des matériaux dans chaque projet de construction.

Les établissements de santé, les bâtiments tertiaires de bureaux et certains bâtiments d’enseignement sont particulièrement concernés par ces nouvelles catégories, avec des exigences spécifiques liées à la ventilation, à la qualité de l’eau et à la continuité de service énergétique. Les bureaux d’études doivent adapter leurs méthodes de calcul pour intégrer des profils d’usage plus intensifs, des besoins d’eau chaude sanitaire plus élevés et des systèmes techniques plus complexes, tout en respectant les seuils carbone et les exigences de performance énergétique environnementale. Les rapports de conception devront détailler le dimensionnement des pompes à chaleur, des systèmes d’eau thermodynamique et des réseaux de ventilation, afin de garantir la conformité réglementaire et la résilience des bâtiments sur toute la durée de leur cycle de vie.

Le calendrier réglementaire prévoit un renforcement progressif des seuils carbone à l’horizon 2028 puis 2031, ce qui impose d’anticiper dès maintenant des solutions bas carbone robustes pour tous les types de bâtiments. Les maîtres d’ouvrage qui lancent des projets aujourd’hui doivent intégrer dans leurs rapports et leurs contrats une trajectoire de performance énergétique et carbone compatible avec ces futures étapes, en misant sur des matériaux à faible carbone des matériaux, des systèmes d’énergie renouvelable et une conception bioclimatique soignée. Les RE2020 ajustements Rivaton 2026, applicables aux permis déposés après le 1er juillet 2026, visent à concilier performance environnementale, qualité d’usage et faisabilité technique des projets.

Dans ce contexte, les choix de structure comme l’ossature bois, l’optimisation de la hauteur sous plafond et la maîtrise de l’eau et de la ventilation deviennent des leviers stratégiques pour rester en dessous de chaque seuil de construction. Les constructions neuves et les surélévations devront démontrer, via des études thermiques et des rapports détaillés, que la performance énergétique et environnementale est au rendez vous, y compris pour les bâtiments tertiaires les plus complexes. Les porteurs de projets peuvent s’appuyer sur les analyses de la filière, notamment celles qui décryptent les impacts de la relance du logement et des objectifs de production, comme l’article consacré au projet de loi de relance du logement, afin d’articuler stratégie réglementaire et stratégie immobilière.

Les ajustements RE2020 Rivaton 2026 doivent enfin être lus à la lumière du rapport Rivaton, qui a chiffré le surcoût global de la réglementation et mis en évidence la nécessité d’un meilleur équilibre entre ambition environnementale et soutenabilité économique. Pour les maîtres d’ouvrage publics comme privés, l’enjeu est de transformer ces contraintes en opportunités de valeur, en concevant des bâtiments dont la performance énergétique, la qualité d’usage et la maîtrise du carbone sur tout le cycle de vie renforcent l’attractivité des projets. Les décisions prises aujourd’hui sur les matériaux, les systèmes d’énergie et la conception des espaces auront un impact durable sur la valeur patrimoniale des bâtiments et sur la capacité du parc immobilier à répondre aux objectifs climatiques nationaux.